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  • Karl BABIN
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  • Ici pour vous faire vivre mes désirs d'aider, désirs de partager, désirs d'aimer, désirs de construire, désirs de créer, bref tous mes désirs à venir...

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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 19:41

Bien que ni élu ni travaillant dans le service social de la Ville ou d'une autre instance, j'ai ma propre vision de l'aide sociale ; nous l'avons dit tout au long de la campagne et partage cette idée de ne pas faire de la charité ni du saupoudrage mais bien de l'insertion sociale, par le logement, par le règlement des conflits et difficultés financières des personnes, par l'éducation scolaire, par la rupture de la solitude, par l'aide à l'insertion ou la réinsertion.

Pour ma part, je sais ce que le mot "galère" signifie ; hormis le handicap physique et ma maladie qui m'ont fait traverser des vraies galères morales et physiques, j'ai aussi connu des vrais moments de galère financière ; lorsque je me suis mis en ménage car mon employeur s'est retrouvé en cessation de paiement et entre le référé au tribunal des prud'hommes et le premier versement des ASSEDIC il s'et passé presque 5 mois... pendant ce temps, les emprunts n'ont pas pu être prélevés ce qui m'a conduit à faire un dossier de surendettement... Ne croyez pas que c'est LA solution de simplicité... entre être fiché à la Banque de France, être privé de moyens de paiement, être obligé de passer par une assistante sociale alors que c'est parce que votre employeur n'a pas honoré votre paie et que la justice met des semaines à résoudre votre dossier et qu'il faut attendre la saisie de l'huissier puis tous les recours de l'employeur pour s'opposer à cela alors que vous avez un contrat de travail et que vous avez fait votre travail... et puis même si votre banque est au courant de votre situation et du comment vous en êtes arrivés là, vous êtes quand même "fiché" pendant plusieurs années jusqu'à la fin clôture du dossier par la Banque de France...

Aujourd'hui, vous vivez une situation difficile qui vous met en danger financièrement, moralement, physiquement ou juridiquement que pouvez-vous faire ? Tout d'abord, avant d'affronter le parcours du combattant, il faut acepter d'aller en parler à quelqu'un, et rien que çà, ce n'est pas chose aisée car on a de l'orgueil et on pense qu'on va s'en sortir tout seul ; mais il y a des situations qui demandent une aide ponctuelle et c'est à ce moment que tout se complique !

Aujourd'hui, à l'ère de l'information instantanée et de la mutualisation des moyens, pour le soutien aux personnes on est presque resté à l'âge de pierre... j'exagère à peine... Aujourd'hui quand on a franchi le pas et que l'on se décide enfin à appeler au secours que se passe-t-il ? On prend son téléphone ou celui d'une voisine ou amie et on appelle la mairie, qui vous explique que vous devez appeler le CCAS, Centre Communal d'Action Sociale, où on vous demande d'expliquer votre cas.... ah oui mais comme vous avez des enfants, ce n'est pas du ressort de la mairie mais de celui du Conseil Général et rebelote.... ensuite vous avez enfin votre interlocuteur et vous avez une rendez-vous dans ... 3 semaines ! Et pendant ce temps, les jours vous paraissent excessivement longs et votre situation en spirale négative continue à dériver.... Il ne s'agit pas de jeter la faute sur les assistantes sociales, aujourd'hui elles doivent consacrer tellement de temps à remplir de l'administratif qu'elles ne peuvent se dédoubler, d'autant plus que la situation de précarité en France augmente de jour en jour...

C'est la même chose ensuite quand il faut aller à la Caf puis à la CPAM ou à la MSA ou quand vous êtes en recherche d'emploi !!! Comment se déplacer ? Comment leur téléphoner alors que vous ne tombez que sur des plateformes ?

La première des solutions serait de réunir les partenaires sociaux dans un seul et même lieu, un seul guichet unique : CCAS, Solidarité Départementale, MSA, CAF, CPAM, ASSEDIC, ANPE, Mission locale, Aide à domicile, etc mais aussi associations (resto du coeur, Epicerie sociale, Au nom de l'enfant, etc) et encore HLM, antenne de la MDPH...

La deuxième des solutions serait de faire en sorte que chaque assistante sociale ne traite qu'un nombre limité de dossiers à chaque fois.... et qu'elle ne reprenne un nouveau dossier que lorsqu'un dossier est vraiment traité.

La troisième serait d'instaurer un programme de Micro-Crédit de Solidarité. En quoi cela consiste-t-il ?
Je pratique cela à mon modeste niveau mais j'avoue que cela m'a permis d'aider plusieurs personnes depuis quelques mois ; c'est vrai que mon salaire et le fait que je vive seul aujourd'hui (ça c'est moins bien) me le permettent... En effet, j'ai pu aider 3 personnes et une famille à se sortir de plusieurs situations difficiles ; En fait, les 3 premières personnes ont eu un vrai gros problème financier, alors les aider oui, mais pas juste pour les aider... le but est que ce ne soit que ponctuel et qu'il y ait une contrepartie ; soit qu'ils remboursent soit qu'ils aident à leur tour ; ce serait presque de la solidarité participative !

La première, Mlle E. ne peut pas me rembourser maintenant car elle cherche désespérément du travail mais sans qualification ce n'est pas simple alors elle me "rembourse" de deux manières ; un elle me rend des services en m'emmenant à droite ou à gauche avec sa voiture quand j'ai besoin, sans abuser bien sûr, comme si j'avais acheté un "crédit kilomètres" par exemple et surtout, à son tour elle aide la famille que j'ai aidée en l'emmenant à la CAF ou à l'hôpital pour des examens, etc.  Quant aux deux autres personnes, il y en une, Monsieur K. à qui j'ai payé les réparations de sa voiture, près de 800 euro car sans voiture, plus de travail - son travail étant à quelques kilomètres de Cognac et sans transport en commun cela est difficile - et qui m'a remboursé entièrement, et l'autre, Monsieur Y. que j'ai aidé à "sauver" son Noël car il n'avait pas les moyens d'organiser un repas avec ses parents et les petits cadeaux qui vont avec et il m'a remboursé dès qu'il a reçu sa paie ; ces deux derniers, en me remboursant, m'ont permis d'aider une famille - une maman et ses 4 enfants- qui allait se retrouver à la rue le 5 janvier pour rupture "violente". C'es vrai, j'étais en congés et l'aînée que je connais un peu est venue me demander de l'aide parce qu'elle savait que je travaillais à la mairie.  Mais voilà, en période de fêtes de Noël, de vacances donc et un samedi, il ne faut pas être en situation d'urgence !

J'ai donc reçu toute la petite famille à mon domicile et j'ai écouté attentivement les raisons pour lesquelles ils en étaient arrivés là et les consèquences aujourd'hui... Nous avons passé une grande partie de l'après-midi à faire les petites annonces et les agences immobilières pour trouver un logement dans l'urgence car au CHRS, en période hivernale et de grand froid, il n'y a pas de place pour une femme et ses 4 enfants... Nous sommes tombés sur un propriétaire qui a bien compris la situation et que ça ne gênait pas de loger une famille en difficulté - car là aussi il y a discrimination - mais voilà, en plus, en couple elle était à la MSA et maintenant qu'elle se retrouve toute seule elle doit passer à la CAF car elle, elle n'est pas agricultrice... qui dit transfert de dossier dit délais supplémentaires... elle a emménagé (merci au propriétaure et à l'agence immobilière) mi-janvier dans son nouvel appartement mais elle ne percevra rien avant le 5 mars prochain... (pas merci à ERDF et à RGDF qui eux, ne peuvent pas venir mettre un "plomb" à un compteur avant 48 ou 72 heures !!!).

J'ai donc fait l'avance des frais d'agence et du premier loyer (avec ce que m'ont remboursé Messieurs K. et Y.), et j'ai fait des courses pour qu'ils puissent manger ainsi que des vêtements et des chaussures car il faisait très froid en janvier et les enfants étaient vraiment mal chaussés... pas géant dans la neige ! Nous avons profité des soldes et du coup les enfants ont pu passer cette période de grand froid avec les pieds au chaud... bon ça, ça restera le bonus, des cadeaux parce que je ne peux pas résister quand je vois une enfant de 8 ans sauter de joie parce qu'elle va pouvoir manger ou des enfants qui retrouvent le sourire parce qu'ils viennent de manger une crèpe au chocolat ou parce qu'ils ont des nouvelles chaussures ou un blouson ou un pull... on dira que j'ai mangé les "intérêts" mais bon... 

Maintenant, cette maman va me rembourser selon un échéancier qui ne va pas la mettre en difficulté et cet argent me permettra d'aider à nouveau quelqu'un qui sera dans le besoin, mais surtout cela ne m'a pris que 3 vraies demi-journées pas 3 semaines !

Voilà, en clair, il y a donc trois axes à défendre pour une meilleure aide (selon moi) :
1/ un guichet unique (réunir tous les acteurs sociaux en un même lieu)
2/ réduire le nombre de dossiers par assistante sociale (cela signifie plus d'assistantes sociales donc un coût)
3/ encourager le Micro-Crédit Solidaire (on donne de l'argent mais en retour on rembouse et si possible on aide à son tour, du coup on retrouve de l'argent en grande partie et on ne fait pas de la charité)





  

Par Karl BABIN - Publié dans : Ma vision politique
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